
Deux clients de Palerme, distants de cinq kilomètres, peuvent acheter la même machine et en obtenir des résultats complètement différents. Ce n'est pas vrai de la plupart des villes où nous expédions, et à Palerme la raison se voit depuis n'importe quel toit : la ville occupe une plaine fermée par des reliefs, avec un promontoire de 606 mètres qui verrouille le haut du golfe. L'endroit où vous vous tenez à l'intérieur de cette forme décide de presque tout.

Palerme vue d'en haut. Comptez les mètres d'air libre entre un toit et le suivant — il n'y en a presque pas. Cette densité, c'est tout le problème en une photographie.
Une ville derrière un mur de 606 mètres
Le Monte Pellegrino est un promontoire carbonaté isolé sur la bordure nord de Palerme. Avec ses 606 mètres, c'est le point le plus haut à l'intérieur des limites de la ville, il ferme le golfe de Palerme au nord et il est visible depuis pratiquement partout. Pour ce qui nous occupe, c'est quelque chose de moins romantique : un très grand brise-vent, posé exactement là où la brise de mer arriverait sinon.
Derrière lui, la vieille ville occupe un sol plat et dense, et plus loin le terrain remonte vers les collines. Une éolienne sur un toit au milieu du noyau ancien se tient au fond d'une cuvette, dans l'ombre de vent de chaque bâtiment alentour, et à peu près rien sur une fiche technique ne sauvera ce site. Déplacez la même machine sur la côte, ou sur les pentes où un bâtiment se dégage de ses voisins, et c'est une tout autre proposition.

La même ville dessinée en coupe. Volontairement schématique et pas à l'échelle — le sujet est l'abri et l'exposition, pas les mètres.
Une île, deux extrêmes
Il faut préciser que Palerme n'est qu'un bout de la Sicile. À l'autre, sur la côte est à quelque deux cents kilomètres, l'Etna culmine à environ 3 403 mètres — le plus haut sommet d'Italie au sud des Alpes, et une montagne dont l'altitude exacte change à chaque éruption sommitale. En face, le point le plus élevé dans les limites de Palerme est un promontoire de 606 mètres. La photographie en haut de cette page, c'est l'extrémité orientale de cet écart : des éoliennes commerciales sur une crête sicilienne dégagée, l'Etna fumant derrière elles.
Une île qui va d'un volcan de 3 400 mètres à une plaine côtière abritée n'a pas un climat de vent, elle en a des dizaines. C'est la vraie raison pour laquelle nous ne vous donnerons pas de chiffre pour la « Sicile ». L'unité honnête ici n'est ni l'île, ni même la ville. C'est le site.
Le vent qui gâche la journée solaire
Vient ensuite le sirocco : un vent méditerranéen qui sort du Sahara et peut atteindre des vitesses violentes au moment où il touche terre. Au-dessus de la Sicile il arrive par le sud, chargé de poussière nord-africaine, et pour un panneau solaire c'est une mauvaise nouvelle sans nuance. La brume coupe la lumière, et la poussière se dépose sur le verre et y reste jusqu'à ce que quelqu'un monte la laver. Ce qu'on oublie facilement, c'est que c'est aussi le vent le plus fort que reçoive l'île.
C'est là tout l'intérêt de faire tourner un panneau et une éolienne sur la même batterie dans un endroit pareil. Ils ne tombent pas en défaut les mêmes jours. L'après-midi brumeux et poussiéreux qui aplatit une courbe solaire est très souvent venteux, et le matin d'août immobile et lisse qui convient parfaitement au panneau ne donne rien du tout à l'éolienne.
Un panneau et une éolienne ne sont pas deux fois plus fiables. Ils sont peu fiables des jours différents, et c'est cela qui compte vraiment.
Pourquoi Palerme revient sans cesse
Palerme est la capitale et la plus grande ville de Sicile, une ville de 2 700 ans sur le golfe qui porte son nom, avec quelque 1,2 million d'habitants dans la ville et ses environs. C'est aussi, discrètement, l'une des parties les plus solides de notre carte italienne — non par attachement romantique au lieu, mais parce que c'est de là que viennent les commandes. Une fois la géographie comprise, cela cesse de surprendre. Une importante population côtière, quantité de bâtiments hors du noyau ancien qui se tiennent seuls, et une saison de vent réel font un endroit où une éolienne peut gagner sa vie.

Cefalù, plus loin sur la même côte. Comparez avec la première photographie : une ville bâtie sur un promontoire, eau ouverte des deux côtés, c'est l'inverse d'une cour abritée, et c'est le genre de site sicilien où une éolienne a de quoi travailler.
Ce que nous retiendrions contre nous, à votre place
Le sirocco est saisonnier et épisodique. Ce n'est pas une ressource sur laquelle compter chaque semaine, et quiconque vous vend une éolienne sur la force d'un vent spectaculaire vous vend l'exception et non la moyenne. La poussière qui salit un panneau s'infiltre aussi dans tout ce qui est mécanique, et l'air salin du littoral corrode le matériel laissé dehors — le nôtre compris. Ce sont deux entretiens que vous devrez réellement faire, et nous préférons l'écrire plutôt que vous le laisser découvrir la troisième année.
Et le résumé honnête de tout ce qui précède : si votre toit est au milieu de la vieille ville, enfermé des quatre côtés, ne nous achetez pas d'éolienne. Achetez le panneau. Nous préférons vous vendre un demi-système qui fonctionne qu'un système entier dont une moitié passe sa vie à l'arrêt. Si vous êtes sur la côte, sur les pentes, ou sur un bâtiment qui se dégage de ce qui l'entoure — mesurez le site, puis parlez-nous.
Le dessin en coupe de cette page est le nôtre et il est schématique, non relevé. Les trois photographies — les éoliennes sous l'Etna, Palerme vue d'en haut et Cefalù — sont des images de banque sous licence, pas les nôtres, contrairement aux photos d'usine ailleurs sur ce blog, qui le sont. Les chiffres du Monte Pellegrino et de la ville sont les chiffres publiés, et le sirocco est ce que décrit la littérature météorologique : un vent méditerranéen venu du Sahara capable de vitesses très élevées. Les chiffres de l'éolienne sont nos propres spécifications publiées et sont vérifiables sur la fiche produit.

